04 juillet 2009
Quelque chose à changé.
Une infime rayure. Une déchirure je ne sais pas. Je dois m’y habituer. Je contemple l’impact. Sous toutes les coutures. Quelque chose a vraiment changé. Un peu comme lorsque qu’on ferme un livre après avoir ralenti la lecture sur la dernière page et même qu’on l’ait lue assez de fois pour qu’elle dure dans l’esprit… fermer le livre et se dire que l’on est plus la même personne. Qu’on a grandi. Qu’on est devenu riche. Fort. Et empreint d’une nouvelle lumière. Quelque chose a changé. Le regard. L’âme. L’histoire. L’avenir c’est certain.
30 juin 2009
Anesidor
Ne me dis pas que tu as ouvert la boite de pandore pour y allumer un feu de peine. Ne me dis pas que tu as peur de ce qu’il advient de ton geste fou, ne me dis pas que tu t’évapores de tout, de nous.
Après avoir fouillé les profondeurs, ouvert des brèches dans des abysses, hissé mon regard sous d’autres lumières, brassé dans tes airs ce que j’embrasse dans mes vers. Ne me dis pas que… ne me dis pas que…
Tais-toi ! Je ne veux rien entendre, je veux juste crier. Hurler. Hurler sur la folie du monde qui me pénètre, se faufile et me cout sur l’intérieur... je ne veux pas de ces trous qu’elle fore, un à un, vicieuse, sinueuse, insidieuse, je ne veux pas me sentir vrillée dans mon corps. Je ne veux pas de cette houle qui me foule des pieds à la tête, je ne veux pas que la rage m’arrache à moi. Je ne veux rien de tout ça. Je n’ai rien demandé, je ne veux rien savoir. Je n’ai pas besoin du noir qui m’enchevêtre. Je n’ai pas besoin de toi, ni de ton ombre, ni de ton souvenir, je ne veux rien de toi. J’ai assez de moi. Assez d’ombre. Assez de tourments. Assez de manque.
29 juin 2009
Date limite de rédemption.
C’est pour rien ou presque rien. Pour le pétillant de quelques jours, pour les trois mille bulles qui font vaciller le cœur, pour l’aorte, l’instant qui porte. Pour le sourire cicatriciel, pour la hauteur du ciel, pour le hoquet du temps perdu, pour le plaisir mordu. Pour l’addition, la division et l’ensemble rond. La main qui se glisse dans la caresse, ou le soupir de l’ivresse. Pour le rire pendu, et le corps défendu, le goût criard et les bouchées folles. Pour rien ou presque rien. Pour demain. Amen.
26 juin 2009
pour laisser passer le temps.
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23 juin 2009
Ce que se disent les enfants.
Ils sont là plantés sur un chemin de terre un peu râpé de leurs souvenirs sépia. Ils sourient et plissent les yeux. Ils se fichent bien de savoir si l’instant ira se lover dans leur souvenir ou pas.
Ils évoluent dans l’aisance du présent.
Ils se parlent peut-être de promesses sacrées, et jurent et crachent de ne jamais en déroger. Ils s’inventent avec gravité des moments pour plus tard, pour quand ils seront grands. Ils se touchent peut-être la bouche pour y gouter à cet avenir, celui qu’ils effeuillent déjà de leurs doigts maladroits. Ils rient, un peu gênés, de s’être effleuré le nez et d’avoir laissé l’empreinte d’une douceur surprenante sur la blancheur de leur enfance.
Ils chuchotent et personne ne les entend. Pas même le temps. Leur futur ne s’en souviendra pas et peu importe. Ils goutent à l’émotion, celle, d’un premier baiser qu’ils ne retrouveront jamais collée sur d’autres nez. Ils ont le reflet des blés dans les cheveux, l’ébouriffé du vent, et le parfum des nèfles. Des sourires de lait et l’assurance des hommes grands.
Ils ne savent pas.
N’imaginent pas.
Ils vivent c’est tout.
S’ils osent se prendre la main c’est pour ne pas oublier l’innocence.
Mais ça, ils le sauront plus tard.
Pour eux l’envergure du paysage est ouverte à leurs pieds, et ce chemin de terre à l’escarpé si savoureux libère l’odeur sèche de l’ocre. Le regard planté dans l’horizon, ils voyagent si loin qu’ils en voient les années défiler.
Loin. Très loin.
Par delà le possible et l’impossible.
Ils ne se voient même plus, ils sont trop proches.
Tous deux sont transportés dans un futur qu’ils attendront un jour, sans pourtant le dessiner.
Tout d’eux s’efface.
Un jour.
Au détour d’un après-midi qui parle des promesses de l’été, ils se souviendront de ce qu’ils n’ont pas retenu. Ils se souviendront d’amour, et d’émotion, de douceur et d’insouciance, d’importance, et de chaleur, de la perdition du mot toujours. Ils se souviendront de ce que la vie leur avait évoqué et donné. Ils se souviendront de la poigne d’un instant qui leur avait serré le cœur assez fort pour qu’ils se souviennent de ce qu’ils ne s’étaient surtout pas dit.
Il y a longtemps.
Si longtemps.
