05 mai 2008
Ultime reflexe
Aujourd’hui il fait clair, gris, mais clair.
Y’a de la pluie dans le ciel mais elle reste dans le ciel.
Et c’est bien ainsi.
Je t’ai écrit souvent. Depuis longtemps maintenant.
Peut-être trop… peut-être pas assez. Peu importe.
Je sais que je t’ai écrit sans compter.
J’ai laissé ici mon amour, avalé ma colère, tassé quelques bières, pleuré des misères, gueulé sur des murs, chanté sous des pluies de lunes, glissé sur des phrases entières et mis les mots sens dessus-dessous. J’ai jonglé, coupé, haché menu, jeté dans les airs et plus encore …
J’ai laissé tellement dans ces lettres que même moi, je ne sais plus bien où je m’y suis cachée.
c’était pourtant la vie, ma vie, celle des autres, celle qui est mortelle.
Aujourd’hui il est temps. Il est temps.
Ça fera un peu mal dedans, et puis… on s’habitue, c’est tout…
Je ne te manquerai pas, je serai juste une habitude en moins.
Je dois changer. Ce n’est pas oublier, c’est changer de regard.
Me remplir de secrets.
Trouver un nouveau pas de danse qui fêterait le nouveau jour qui se lève.
Longer des murs pour réapprendre leurs silences.
J’ai des chemins à faire et tu ne peux pas m’accompagner, y’a trop de vitres entre nous.
La solitude n’enfante rien quand elle couche avec celle des autres.
La douleur ou le bonheur ne s’échangent pas. Il n’existe pas de troc pour y fourguer ces sentiments venus de notre profondeur contre d’autres plus légers. Les entretenir, les briquer pour en tirer la meilleure splendeur ne sert à rien. Mais ils peuvent se transformer.
Il n’y a pas de tristesse dans tout ça tu sais…
mais de la justesse, je me redresse dans un ultime reflexe...
La énième fois, tu diras peut-être.
Alors je ne dis pas au revoir.
Je dis juste :
à dans une autre vie, la nôtre, la vraie,
celle qui dit « aïe » quand on se pince pour y croire.
Aujourd’hui il fait clair, il est temps, et je n’ai jamais eu l’heure.
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04 mai 2008
Il reste assez de nuit.
J’ai passé la nuit à n’avoir pas sommeil. A n’avoir plus soleil. J’avais froid dans chaque coin et trop de silence dans mon vide. J’ai passé la nuit à n’avoir pas sommeil, à n’avoir plus ma place dans mes bras pour sombrer dans l’ombre de ma peau.
J’entendais mes bruits de cœur trémuler et filer si loin que je ne pouvais plus leurs tendre la main. Tendre en est le creux pourtant. Je me vidais de mes grelots, un à un, alors que la nuit s’allumait en grandes pompes funèbres. Il grêlait maintenant dans mes ténèbres. Je mettais en cercueils mes jours écueils sans l’arme à l’œil. Tout à la main. Il y avait un trou à faire, et pas d’eau à écoper.
Les pieds froids jusqu’à la tête et le corps étendu entre les deux.
Mes rêves noyés ne flottaient plus, au fond de moi leurs sépultures.
Il restait assez de nuit pour en faire un livre et j’en tournais les pages.
Je ne sais plus si ce sont les minutes qui passaient ou bien les heures.
Toutes se ressemblaient. Elles avaient le même timbre de papier froissé.
J’ai passé la nuit l’esprit en berne, à moins que ce ne soit la vie… je ne sais plus.
J’attends encore le jour.
Ajourée des tombes de ma nuit, les veilles aux bords des yeux…
24 avril 2008
Câlin Maillard
Le corps échancré indécent et son incandescence sous la pulpe de tes doigts nourrissant un chaos absolu.
Le désir se blottit en maitre des serpents et sa mouvance ondule sous mon grain érectile.
A la peau insoumise, s'y glisse des surprises gourmandes, filantes de sensations.
Il y a mille ans ou peu de temps, à chaque instant, tes désordres asservissent des soupirs plus ardents encore.
Les avenues ouvertes de tes allers-venues, je ressens ton allure retenue à la moisson de mes frissons odorants.
Fermer les yeux ne suffit plus.
Tes jeux interdits dans mes feux inédits apprivoisent des reins envieux de l'enjeu audacieux. Aux vertiges capiteux, la folie sinueuse y cherche sa lisière alors que la volupté alambique tes effets sucrés dans mes retraits.
Toute la perception me verse dans les bras de mon repli, fondant sur le lit des faits.
Ta bouche touche à tâtons.
Je pénètre enfin notre silence au sein des plis d'un drap rabattu sur des baisers perdus. Ma respiration, restée au bord des lèvres, palpite muette, et l'ivresse détresse nonchalamment les plaisirs charnels de tes effleurés effeuillés...
Mes galbes dociles, gonflés de troubles, s’amassent sous tes paumes pour y déceler la caresse diablesse, celle qui fera couler le survivant de mes soupirs.

21 avril 2008
Lettre au passant de ma veine cave.
Tu vois, aujourd’hui je n’en crève pas. Je ne suinte pas de tendres plaintes.
J’ai des fêtes foraines greffées sur les rêves et des loupiotes sous chaque paupière.
Des mots pendus aux cordes vocales, fondant des papilles à la lisière de mes lèvres.
Des cieux délices.
Je ne porte plus ce mêlant-collier qui retenait mes souffles.
Le bijou s’est éteint, et ta brûlure s’est tue.
Tu vois comme c’était facile.
Il suffisait de nommer la démesure d’un amour fou et perdu.
Le sertir au passé pour en trancher toute la douleur attenante au présent du temps…
L’amalgamer dans ma dague d’argent.
C’était facile…Comme avouer une faute de goût, dans une saute d’humeur,
comme on trébuche sur un pli de tapis…
avant de tourner le dos, dé-chue, dé-possédée.
Et ça me dé-mange le sourire à m’en mordre les mo-tus sur la langue.
Singulière, passagère, de ton temps, je ne suis déjà plus.
Plus qu’une disparue.
Mêlée à ton passé, je m’y baigne sans vergogne.
Je m’y lave la fièvre et y délave ma lave, fière à la besogne.
Et c’est toi que ça dérange au creux de la veine cave…
Une mélancolie, sans doute, un peu trop serrée autour du cou.
Et le goût d’un pli de tapis rabattu sur tes pensées.
Et mes poussières redeviennent étoile.
Un point lumineux pendu dans ton ciel.
Une signature fourvoyant le temps.

11 avril 2008
Long distance

08 avril 2008
Je n'avais jamais rien dit.
Adossée au mur du temps qui passe, le regard planté dans les nuages, le ciel bleu y défile.
Je n'avais jamais rien dit.
Tantôt la brise caressante, tantôt les tempêtes giflantes. Je regardais la vie me toucher au plus profond de moi-même. Sans glisser le long de la paroi. Accrochée aux paysages mouvants. Les lèvres gercées des silences de bouches baisantes et leurs gouttes de sang perçant à ma commissure enragée.
Impassible. Ni mal ni bien. Mi-moi mi-voix. Figue de barbarie et raison de cœurinte…
Le corps poreux, à m’imprégner de la Vie ou Des vies, à m’imbiber de l’eau trop souvent saumâtre des autres.
Ecope à la main. Je me laissais aller, flotter, transportée d’une onde à l’autre dans un monde que je ne reconnaissais pas, qui n’était pas mien. Je me noyais dans des pensées au milieu des autres rats d’eau. Bercée sous des cieux qui souriaient à la clémence de ma démence.
Je n’avais jamais rien révélé pour surtout ne pas n’être.
Et là il y a tant à redire sur les soleils qui défilent, et ce nuage à pluie si brillant contre les rayons.
Mais qui écouterait cette impétueuse chimère qui me formule.
Si ce n’est que la folie du vent qui m’éparpille.
Mais je n’avais jamais rien dit...

04 avril 2008
Puzzle con-dansé
Extrait liquide
Il était une fois. Foison. Onde. Demain. Maintenir. Debout. Boudoir. Soir.
Voir. Croire. vouloir. Mouroir.
Oxyde. Idéal. Intérieur. Leurre. Heure. Juste. Pute.
Noir. Pourpre. Verbal. Balle. Rebond. Cœur. Plein. Vide. Aimer. Lamer. Hurler.
Là. Tas. Tu. Abattu. Tu dis. Tu tors. Tu dors. Dehors.
Ce n’est plus. Décousu. Tissus. Issue. Fissure. Déchirure.
Un jour. Attendre. Détendre. Toujours. Détour. Ivoire. Pouvoir.
Maintenant. Serrer. Fort. Perdre. Connaissance. Plier. Tomber. Dedans. Béant. Entasser.
Là. lasse. Sac. Pièces. Saccades. Mots. Automatiques. Sens. Sans moi.
Goutte à goutte.
Goutte.
Goutte.
Goute.
Gout.
Out. Où.

25 mars 2008
Vous ne pourriez pas vous assoir pendant que je vous écris ?
Vous me donnez le vertige à ainsi arpenter mon tournis, ça me visse les pensées au siège de l’absurde. Vos talonnades titillent mon tapage. Il m’est impossible de démêler le fil d’une seule sonate d’image. Ne bougez plus, cessez de brasser mon air… et puis scellez votre bouche que je puisse ponctuer à mon aise. Vos brouillards braillards me plongent dans un néant pétrifiant.
Oui, je vous écris. Oui, je vous épelle. Oui, je songe à vous. J’en ai plein la peau de vous et d’envies en moi. Oui, c’est là. Au creux. à la gorge. Mais vos apnées et vos brasses coulées dans mon silence me figent dans mon bruit. Vous m’immergez. Je ne m’entends plus. Vous me mélangez à vous. Vous me pétrissez l’imagination. La clameur de mon cœur est inaudible et ma respiration n’a plus de partition.
Paralysez votre attente tonitruante que je puisse hurler mes murmures à ma guise. Vous me soudez à votre espérance et ce regard solliciteur pendu à mes lèvres m’enclume au fond de moi.
Comment voulez-vous que mes doigts se délient la langue dans mes chuchotis. Comment voulez-vous que je tutoie votre désir, quand vous m’emmurez dans vos vives allures ?
Dites… vous ne pourriez pas vous assoir pendant que je vous écris ?
Laissez mes silences s’échapper tout contre vous, laissez-les vous pénétrer, laissez-moi m’écouler à vos côtés afin que votre cuir en boivent l’encre. S’il vous plait.

20 mars 2008
À la vie, à l’amère…
Non, je n’ai pas envie de me laisser valdinguer par la tempête que tu me rabats sur la figure. Non je n’ai pas envie de jeter un radeau en perdition et céder contre tes trombes. Non, je ne veux pas rallier le port d’attache dans un demi-tour pour m’arrimer aux regrets. Non, je ne veux pas plier sous le vent. Mes voiles resteront tendues comme des bras ouverts aux souffles des foudres. Non, je ne veux pas livrer mon âme contre une accalmie au charmant sourire de croquemort. La faucille peut briller du plus loin au plus près, elle n’est pas mon sémaphore. Je ne pleure plus les êtres chers, emportés par les sirènes, je serre les dents et je n’épongerai pas plus d’eau que tu ne m’inflige déjà. Rien. Tu ne me retireras rien de ma force. Même à genou je connais la bataille. Je forge mes armes, colmate les larmes. Même diminuée je ne perds rien de ma rage, je connais trop bien tes orages qui œuvrent à l’échouage. Même cahotée, j’ai l’aplomb de deux pieds plantés dans la détermination, ma cargaison n’est autre que volition. Je n’irai pas à ta chaloupe, par-dessus bord, noyée dans tes flots du sort, larguée à ta dérive. J’ai le pied marin sur les chagrins. Loup de l’amer dans ton écume d’amertume. Je navigue vive. Vive. Et vive. Des éclairs dans ma lanterne thoracique, ce n’est pas ton tonnerre et ton ciel bas qui me feront mettre pied en terre. Tais-toi la vie. Tais-toi! Tu ne me fais pas peur sous tes airs de grandeur.

18 mars 2008
Laisse-moi …
Laisse-moi le temps pour retrouver ce que je peux encore donner… laisse-moi du temps.
Laisse-moi plier en moi chaque phrase encore trop verte pour être pelée avec gourmandise.
Laisse-moi encore bouillir dans mes teintures. Mes indigos. Mes bleus. Mes azurs assurés.
Je ne t’écris pas parce que je te dirais que je dors encore.
Alors voilà, en Juillet 2005 j’écrivais cela… les mots ne sont plus les mêmes… et je suis trop épuisée pour pouvoir en trouver de nouveaux ce soir… je me souviens de cet instant d’écriture. Je m’en souviens bien. Et pourtant ces mots sont si loin aujourd’hui de moi. Comme étrangers. Comme perdus… comme rayés. Usés. Fatigués. Presque aussi vaincus que moi.
Ils écrivent cœur ravis, maîtres de leurs forteresses
manient les mots tranchant dans l'allégresse.
Guerriers de la vie, leur art et leurs prouesses
galber les maux étaux, armés de délicatesse.
De grande adresse, ils alignent les phrasés,
avec hardiesse ils trimballent leurs cultures,
et déroulent des tapis tout de fables tissés,
Recherchant ces déesses trop prêtes à donner
par simple faiblesse d'aimer entrouvrir les armures.
Alors cœurs joyeux ils sourient avec ivresse,
de ces déesses, de leurs destins, et leur sagesse
Du fond de leurs yeux qui traduisent la richesse.
Ils jouent de leurs rêves peints de tendresse
et s'allient sans foi avec de maigres tigresses.
Avides ogresses que tout désintéressent,
qui transgressent et ne tendent que la fesse.
Naïves de maladresses, les diablesses
Aux cœurs vendus, tout en sécheresse
Elles jouissent d'insultes délivrées en caresses,
Courbent l'échine en signe d'étroitesse,
Se prostituent et se prosternent devant l'altesse
Pour des miettes à l'heure de la grande messe
Ainsi...
Les grands guerriers aux cœurs-écrits
Jamais ne cessent d'étaler aux oublis
Toute la finesse de leurs proies affaiblies
Se délectant d'anéantir les walkyries du paradis...

06 mars 2008
Serment d’élan.
L’échappée belle des étouffements d’une vie d’avant.
Les avants désarmants, les après dérapants.
Et les ans qui passent de l’avent à l’arrière dans l’autan…
Je me regarde partir vers un devenir, où tout, n’est plus question de fuir,
où courir dans des zéphyrs larmoyants n’est plus synonyme de périr.
Délestant mes songes aux bouilles de gargouilles aliénées qui singent mes réalités azurites.
J’ai ouverts les bras comme on lâche les vannes avant que ne cèdent les brèches.
J’ai lâché lâchement pour le temps des amants dans des vents tournoyants.
Je ne souffre plus.
Je ne souffle plus.
Ne m’essouffle plus.
Je respire.
Doucement.
Simplement.
Légère d’un aspirant aux soupirs que j’expire.
Quelque chose me dis que je n’ai plus d’ires.
Si ce n’est que dire, ivre de vivre, je n’ai plus rien à maudire.

27 février 2008
sur la pointe perçue
Aujourd’hui je voudrais t’écrire sur la pointe des pieds comme on s’étire pour chuchoter à l’oreille. Je voudrais t’envoyer des mots à peine audibles au gout de lèvres et si légers qu’ils seraient de coton.
Alors je prends soin à chaque mot que j’emballe. J’y glisse des silences irisés pour en faire de minuscules offrandes. Je les choisis. Je les cherche, je les assemble pour qu’ils me ressemblent jusque dans la chair comme des fruits juteux gorgés d’un sucre que tu ne connais pas.
Mais je me trompe, recommence, rature, capture, amoncelle, dépucelle les syllabes pour en extraire mes chuchotis intérieurs. Je m’acharne, me décharne, me trahis, m’ébahis et m’évanouis dans la ponctuation.
Puis je me tais parce que je t’écris. Sur la pointe des pieds. Je passe inaperçue et repasse inavouée, dans mes rouages les phrases sont encore enrouées. Et pour finir je cherche toujours les points de suspension qui pourraient encore me hisser à ton oreille.
Je t’écris, parce que je me tais... une muselière sur mes morsures.

pour kaléïdos-coop
11 février 2008
La gargouille de buée
Le nez collé à la vie je surplombais la vue. Un rien aurait suffit pour que je tombe.
J’ai vu la ville passer à mes pieds, les pavés défiler sous mes pas, et j’ai vu mes pages faire tourner des vents qui ne savaient plus bien où aller.
Incrustées dans chaque pierre de mes lourdeurs, des enclumes étaient pendues aux lèvres de mes pénibles tictacs de cœur.
A l’abandon, frôlée de l’érosion du temps qui passe et des coulures d’heures lavasses et sombres. J’étais figée, soudée par ma peine avalée.
Soustraite au soleil et aux passants qui rasaient les rayons, j’étais absente. Insensible aux aubades d’une ville qui appelle comme une sirène dans le large d’un matelot en vigie.
Inerte. Froide. Rigide. Fossile.
Le regard perdu dans une saoulerie de mélancolie exorbitante.
J’étais si peu moi-même au bord de mes précipices, qu’il a fallu que je comble mon gouffre avant d’y choir, des ailes plein les bras pour m’envoler, et des sourires lestes au bord des yeux.
Le bleu du ciel s’est mélangé à moi.
La roche avait cédé sous les bleus, et peu importe le sable dans mes grains de peau.
Je rêvais alors d’être buée ou bien fumée. Je ne sais plus très bien.
Et ta main m’éparpillait tout autour de moi pour que je t’apparaisse.
Des larmes de nos poussières plein les yeux pour que l’oubli disparaisse.

03 février 2008
belette et rebelette
Pour la cinquième fois ces lettres ont été volées pour les mettre sur un autre blog.
Je rappelle qu’elles sont mes instants. Mes pensées. Mes frissons. Mes grains de peau.
Les trouver ailleurs. Signées d’une autre main sans en demander l’autorisation. Ça me fait royalement chier. Ces lettres sont protégées. Et faire valoir cette protection me fais tout autant chier. Je n’aime pas me plaindre. Mais faire fermer un blog avec mes écrits dessus, ça, je n’ai pas honte.
Alors les plagieuses, les copieuses, les fans du clic droit et les managers du copié collé je vous emmerde. Je vous saute dans bouche et je vous piétine la langue. La Honte sur vous qui ne savez pas coller deux mots cote à cote sans que ça ne jure pas de mauvais gout au point d’aller voler chez les autres. Chiasse oblique !
Mettez vous au macramé bordel.
Et fouttez moi la paix. Je m’en fous moi d’être lue ou pas. D’avoir 115 commentaires sous chaque note ou pas un. Je veux écrire en paix sans me dire que je vais être dépouillée de ma vie à chaque instant. Dégage de ma paillasse, de ma maison en pixel qui ne tient que parce que je retiens mon souffle ! Dégage !
31 janvier 2008
A même la peau
Mais moi je m’en fous du dernier cri, je veux un habit de vie. Un tissé à m'en coudre sur l'envers du corps. Une tenue qui ourle ma bouche de oui jurés à l'infini faite de caresses incrustées d'envies, belle à m'en déboutonner le corps. Je veux cet habit plissé de regards soyeux, épinglés de quelques aiguilles de temps. Celui dont le sinueux découpage suit les pointillés de l'attrait, celui qui cintre les courbes faufilées de frissons lamés au plus près. Celui qui est orné de la soie du souffle me courant sur le ventre, avec des satinés de baisers pourpres appliqués en parure. Celui qui drape de frôlés faits à la main appliqués au sublime. Celui qui brille du chuchotement d'une bouche qui fronce la peau au fil de mes désirs siégeant aux balconnets…
Celui qui a un surplis de serments brulants sur le coté gauche, avec plein de lacets de murmures qui s'entrecroisent jusque sur les hanches vers la droite. Celui qui s’entrouvre sur la cuisse et plonge le long des jambes dans un tissu espiègle indocile… Je veux celui-là. Celui qui sera parfaitement ajusté à ma nudité. Je veux ça dans la peau. Plus prés que dedans.
Et non je ne veux pas de ces robes de princesses de la fesse, ni devoir porter quoi ce soit en dessous, je ne veux pas de synthétique, ni d’électricité statique…

27 janvier 2008
Plurielles affres au singulier
Les mots ont changés. Comme si j’avais englouti l’avenir pour en décharner mes desseins. Hier je te parlais de demain et aujourd’hui, c’est bien d’hier que je divague sans âme.
Une suite d’intemporelles histoires qui se renversent puis s’inversent pour mieux me transpercer de mes travers. Une suture qui n’en fini pas de m’enfermer dans mes balafres. Belles affres que je fais là pour éviter d’exister. Reste plus qu’à inventer une autre histoire sans moi mon amour, parce que j’ai péri dans un jour passé sans laisser d’adresse. J’ai trépassé avant l’à venir de nos heures. J’ai perdu d’avance mon je.

23 janvier 2008
Idle time - Temps mort

18 janvier 2008
L’a-pesanteur des jours.
J’ai appris à toucher le fond, voir loin, bercer les insomnies, dompter les chagrins, calfeutrer des colères folles. J’ai appris à compter sans amis, j’ai visité des nuits sans lumières, j’ai voyagé dans des rêves impromptus encore inconnus. J’ai conclu des pactes qui parlent de diables avec mon corps . J’ai soumis d’autres mots à l’exercice. Saisi des volutes de volontés. J’ai peins, feins des riens, du tout au tout. J’ai perdu la voix dans des cris de silence, je l’ai retrouvée éméchée dans des soirées de vair cassées, ébréchées d’avance.
J’ai couru après des nouvelles passées sans s’arrêter me laissant essoufflée. Je me suis laissée engloutir par des sofas si las qu’ils en étaient absents avec moi.
J’ai mordu ma langue souvent pour quelle ne tombe pas dans des baisers secs. j’ai bâti dans les tranchées que laissent mes peines, des envies à l’abri, pour plus tard, après mes guerres.
Alors, si je t’avais écris, tu aurais fuis la ligne de mon front, l’orée de mes pensées, la lisière de mes vouloir.
Reste encore un peu. J’ai besoin de ton étoile pour que ma galaxie existe. J’ai besoin de ta voix lactée dans ma voute cardiaque. J’ai besoin de ton doigt là où je ne vois encore rien.
J’ai besoin de ton regard pour reconnaitre les jours. J’ai besoin de ton miroir pour y voir mes reflets prémonitoires. J’ai besoin de ta lueur pour raviver mes feux, plus que jamais, j’ai besoin de ton ombre pour savoir où est la mienne.

17 janvier 2008
Toutes mes confuses pour le retard
Non je ne t’ai pas oublié. Tu sais, la vie à changé. Tout, autour de moi à été happé par un passé trop présent. Les temps d’aujourd’hui, et d’un peu hier, s’articulent tout doucement. Ma mécanique du futur se constitue. J’ai mille petites pièces à assembler, pour en faire mon horloge. Mille et un petits ressorts en corps, des engrenages à ajuster, un tictac à fabriquer, mon moteur des sens d’une nouvelle conception.

05 janvier 2008
L’être emboité.
Les jours ont tricoté ce qu’ils avaient à faire en me tournant le dos.
Ça m’est régal.
La boite aux lettres dégorge.
Ma main salvatrice ne s’y est plus rendue depuis longtemps.
A quoi bon.
J’y trouve les glaçons d’un hiver silencieux.
Mes faiblesses se sont raffermies.
Les belles rescapées d’une noyade inavouée.
Elles déploient des allures d’animaux obscurs dont je ne connais pas le nom.
Je voudrais tant croire au loup, au monstre du placard et à l’interrupteur qui ralenti le cœur.
Je t’ai écris trop souvent.
Assez.
Chaque mot important fut éveillé de mes mains.
Chaque tenant relié à un aboutissant bien mérité.
Chaque émotion fut consignée et signée « on » à la con.
J’ai puisé et épuisé mes ressources ardentes.
Reste mon souffre maintenant. Mes hot-coutures et coups fourrés qui brulent mon cou fumant sous tes volutes de baisers d’absents.
Ma boite aux lettres est devenue trop petite pour tout ce gris que je t’écris.
Les jours me réveilleront quand ils s’allongeront plus prés encore.
Ils me chuchoteront une autre histoire que je vais croire.
Et je serais aussi légère que le sommeil de mes rêves vermeils.

