26 juin 2009
pour laisser passer le temps.
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23 juin 2009
Ce que se disent les enfants.
Ils sont là plantés sur un chemin de terre un peu râpé de leurs souvenirs sépia. Ils sourient et plissent les yeux. Ils se fichent bien de savoir si l’instant ira se lover dans leur souvenir ou pas.
Ils évoluent dans l’aisance du présent.
Ils se parlent peut-être de promesses sacrées, et jurent et crachent de ne jamais en déroger. Ils s’inventent avec gravité des moments pour plus tard, pour quand ils seront grands. Ils se touchent peut-être la bouche pour y gouter à cet avenir, celui qu’ils effeuillent déjà de leurs doigts maladroits. Ils rient, un peu gênés, de s’être effleuré le nez et d’avoir laissé l’empreinte d’une douceur surprenante sur la blancheur de leur enfance.
Ils chuchotent et personne ne les entend. Pas même le temps. Leur futur ne s’en souviendra pas et peu importe. Ils goutent à l’émotion, celle, d’un premier baiser qu’ils ne retrouveront jamais collée sur d’autres nez. Ils ont le reflet des blés dans les cheveux, l’ébouriffé du vent, et le parfum des nèfles. Des sourires de lait et l’assurance des hommes grands.
Ils ne savent pas.
N’imaginent pas.
Ils vivent c’est tout.
S’ils osent se prendre la main c’est pour ne pas oublier l’innocence.
Mais ça, ils le sauront plus tard.
Pour eux l’envergure du paysage est ouverte à leurs pieds, et ce chemin de terre à l’escarpé si savoureux libère l’odeur sèche de l’ocre. Le regard planté dans l’horizon, ils voyagent si loin qu’ils en voient les années défiler.
Loin. Très loin.
Par delà le possible et l’impossible.
Ils ne se voient même plus, ils sont trop proches.
Tous deux sont transportés dans un futur qu’ils attendront un jour, sans pourtant le dessiner.
Tout d’eux s’efface.
Un jour.
Au détour d’un après-midi qui parle des promesses de l’été, ils se souviendront de ce qu’ils n’ont pas retenu. Ils se souviendront d’amour, et d’émotion, de douceur et d’insouciance, d’importance, et de chaleur, de la perdition du mot toujours. Ils se souviendront de ce que la vie leur avait évoqué et donné. Ils se souviendront de la poigne d’un instant qui leur avait serré le cœur assez fort pour qu’ils se souviennent de ce qu’ils ne s’étaient surtout pas dit.
Il y a longtemps.
Si longtemps.
17 juin 2009
Court métrage
Les gens passent et les jours terrassent les cafés au bord de l’été.
La fin d’après-midi renâcle la torpeur et les anisés.
Il n’y pas deux mille chemins pour être là et pourtant, on dirait que le monde entier s’est organisé pour aller de coté cours à coté jardin. Rares les indisciplinés qui fendent le banc ou alors ils foncent un peu courbés sur leurs soucis en porte bagages. L’une derrière l’autre quelques danseuses perchées sur des jambes déjà trop longues sans leurs jolis talons. Certaines ont le regard si haut et la démarche si fluette qu’on se demande comment cette tête tient sur la cime. Des mouflets ont les doigts dans le nez bourré de poil à gratter. Parfois ils volent en rase-motte à bort d’engins maman-propulsés. De temps à autre un splendide portrait de laideur crie sa vérité harnachée sous des fringues souvent étriquées. Pourquoi les gens laids semblent-il si serrés ?
…
Tout près, titube entre les errants une queue de pie voleuse qui dépose ici et là des tasses aux bords dorés et usés par tellement de bouches dont personne ne se souvient… Alors combien de bouches ont regardé au fond de ma tasse de thé ? Dix sept mille sept cent vingt deux.
…
J’ai entendu un éclat de rire et vu plein de mains dans des mains, j’ai entendu le silence des autres et vu ce qu’ils étaient venu montrer. J’ai vu des seins sous des transparences et repassé mon regard sur des lins d’hommes froissés.
J’ai vu des chaussures. Puis des chaussures. Et des chaussures. Et encore des chaussures.
Deux par deux.
Deux parts d’eux qui laissaient dans leurs sillages des histoires que je leurs prêtais le temps qu’ils apparaissent. Passent. Et disparaissent.
Des centaines de vies d’une minute et trente deux secondes…
16 juin 2009
Faux ton, bas ton.
Tu sais, j’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose dans un aller retour sans mémoire. Peut-être l’histoire… J’ai l’impression d’avoir dormis assis-debout dans un coin de mon cerveau durant des jours entiers, des nuits pas fières. J’ai l’impression d’avoir le corps gonflé d’un vide grassouillet, l’impression d’avoir le dégout d’une faim immense, le rejet d’un désir trop démesuré à vomir… je ne sais pas bien… j’ai le corps bancal dans ma tête et je m’emboite mal, ça me déboite le pas. Un peu moite, un peu coite. Ni moi, ni personne d’ailleurs. Un ectoplasme froissé par l’aube de quelqu’un d’autre.
Alors je t’écris. Pour ne rien laisser comme paroles flotter en l’air comme une trainée de parfum d’hier. Je t’écris pour avoir l’impression de penser à surtout rien. Pour aller au bout des phrases sans pour autant aller dans mon sujet. Pour oublier. Me saouler jusqu’à plus cracher, jusqu’à plus lâcher, jusqu’à résister, jusqu’à me réveiller l’âme bouillie d’avoir peut-être dormi. Mourir provisoirement. Crever jusqu’à demain les deux mains engourdies de t’avoir écrit. Juste pour aller au bout de la phrase sans avoir le vertige. Juste ça. Ponctuer avec la fumée de ma cigarette qui te consume.
15 juin 2009
Soustraire les gris.
De leurs là bas, les panoramas nous regardent passer et trépasser. La splendeur d’instants trop intimes. Le temps s’affaisse le souffle un peu coupé, le regard un peu tremblant d’avoir vécu trop vite. Un temps presque sans voix, avec dans le fond de la gorge, un presque grain, un drôle de rauque qui racle nos profonds chagrins... Et l’on plonge les mains dans nos trésors, laissant passer l’horizon d’un bout à l’autre de partout.
On s’immobilise dans le sonore qui nous imprègne sans attiser l’attention. On bat du cœur avec pâleur, au ralenti, on s’amenuise, on transparait parce que paraitre nuit.
On se tait. On se terre. On s’immole dans le paysage brulant de souvenirs tellement fameux qu’encore fumants. On redevient vent au dedans. Et l’on se dit que regarder trop loin revient à s’arpenter, s’arcbouter, se marcher dessus, les pieds perdus dans le pardessus de jours déjà vus...
Le soleil fatigué vide toujours l’amer laissant tout son sable au bord de nos pieds.
Mais le vent est toujours plus joli sans nos bruits dedans.
Et Puis… Juste se tordre, s’enrouler sur un dernier ressort, se prélever sans s’écrouler, s’essorer les coulures des ocres feu, s’ébrouer l’esprit, soustraire l’aigri.
01 mars 2009
Blue kingdom

17 février 2009
red factory

too'clock

11 avril 2008
Long distance

23 janvier 2008
Idle time - Temps mort

